Editorial
C’est toujours non à l’extrême droite
Le Valais et la Suisse refusent l’initiative raciste de l’UDC. Mais est-ce vraiment une victoire ? Quand 45% du peuple approuve un texte aux relents fortement xénophobes, peut-on réellement se réjouir ? L’essentiel est sauf, l’initiative a été refusée, massivement dans les villes, beaucoup moins dans les campagnes. La propagande de l’extrême droite qui instrumentalise chaque fait divers à des fins électoralistes n’aura pas suffi. Mais il serait naïf de penser que tout ceci est derrière nous. L’UDC impose son agenda année après année en stigmatisant sans cesse les mêmes personnes. Ce parti empoisonne le débat public sans chercher à résoudre les problèmes persistants dans notre pays : l'explosion des loyers, le blocage des salaires, la précarité grandissante, la hausse continue des primes maladies, les difficultés d'accès aux soins et le démantèlement des services publics. Il est urgent de rompre avec cette dynamique infernale. L’UDC jubile déjà. En parvenant à rallier 45 % des votants le 14 juin, l’extrême droite confirme sa dangereuse force de frappe : elle sait désormais que ses arguments ont réussi à mordre sur l'électorat du centre, normalisant ainsi ses thèses. Et c’est tout l’objectif de ce genre d’initiatives, banaliser et normaliser son agenda politique profondément xénophobe. C’est également une stratégie de diversion de l’élite du parti, pas très agrarienne. En effet, à l’origine de cette initiative, on retrouve des personnes comme Thomas Aeschi, Marco Chiesa ou...
Yoann Bodrito, rédacteur en chef du Peuple.VS
Extrait du dernier numéro
Ecône et les extrêmes droites valaisanne et française
Depuis quelques mois, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) d’Ecône fait à nouveau parler d’elle. En effet, elle prévoit une grande manifestation du 29 juin au 1er juillet. La raison ? le sacre de quatre nouveaux évêques issus de la fraternité contre la volonté du Vatican qui menace la FSSPX d’excommunication. Si les querelles théologiques ne nous intéressent pas nécessairement, un tel évènement est l’occasion de revenir brièvement sur l’histoire de la FSSPX, plus particulièrement sur ses liens avec les extrêmes droites valaisanne et française. En 1968, ce sont des politiciens influents de l’aile droite du PDC, le conseiller d’Etat Guy Genoud et le procureur du Bas-Valais Roger Lovey qui rachètent le domaine d’Ecône. Ils permettent ensuite à Mgr Lefebvre d’y établir le séminaire de la FSSPX en 1970. Refusant les conclusions du concile Vatican II, ce dernier s’attèle à maintenir un catholicisme traditionnaliste s’opposant de plus en plus frontalement à Rome. Au cours des...
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