Editorial
A quoi joue Sydney Kamerzin ?
Le conseiller national appartenant au Centre —qui n’a bientôt de centre que le nom— s’est distingué en proposant récemment une motion visant tout simplement à criminaliser le droit de manifester en Suisse. L’élu valaisan a insisté sur les dégâts causés par la manifestation du 11 octobre 2025 à Berne. A aucun moment il ne fait mention des circonstances qui ont amené à cette manifestation. A aucun moment il ne parle des plus de 300 manifestant·es blessés ni des 600 personnes qui ont été nassées au froid pendant une dizaine d’heures. Une pratique qui est contraire aux standards du droit international. Le Parlement glisse vers le "tout-payant" : sous l'impulsion de Sidney Kamerzin, 119 élus ont voté pour facturer aux manifestant·es les frais de police engagée lors de manifestations, qu’elles soient autorisées ou pas. Derrière ce vote qui semble d’ordre financier se cache une réalité bien plus sombre. En effet, la majorité bourgeoise (ainsi que deux socialistes) ont décidé qu’il était de bon ton de criminaliser toutes les luttes politiques en Suisse. Si manifester devient une question financière, c’est qu’on considère que ce n’est plus un droit acquis dans une démocratie, mais un privilège destiné une poignée d’individus ayant les moyens. Nos décideurs font de la rue un espace privé : seuls ceux qui ont de l’argent pourront encore porter leurs revendications. Ce n'est plus de l'ordre public, c'est une barrière dissuasive qui réduit la révolte sociale au silence par la menace...
Yoann Bodrito, rédacteur en chef du Peuple.VS
Extrait du dernier numéro
Session de mars 2026 du Grand Conseil
Cette session, la première de l’année, a débuté par un discours très émouvant de notre présidente Patricia Constantin à propos du drame du 1er janvier. Notre ministre Mathias a bien dit clairement qu’une table ronde serait organisée par la confédération. Il poursuit un seul but depuis 2 mois et demi : accompagner les victimes et leurs proches dans les tâches administratives, poursuivre une ligne claire, ne laisser personne sur le bord du chemin. Pour toutes les victimes, les jeunes, les proches, dans un esprit solidaire et humain. Une minute de silence a été observée. La fondation Beloved a été accueillie avec respect par les chef·fes de groupes, qui ont été très dignes. Tous ensemble contre la médiatisation à outrance, pour le respect, l’écoute et la justice. Les 10 millions ont été acceptés à l’unanimité moins 5 abstentions chez les UDC. 2 postulats urgents ont été déposés par toutes et tous les chef·fes de groupes, ensemble, pour concentrer les demandes dans le sens d’une analyse...
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